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Roselyne Cousaz-Clivaz : « Je t’ai appelée par ton nom »

25 septembre 2026

Juriste, valaisanne, conteuse et narratrice biblique, Roselyne a laissé tomber Dieu un temps. Puis un jour, à la messe, elle a tiré au hasard un petit mot qui a tout changé.

Une curieuse de nature

Roselyne Cousaz-Clivaz tient à son double nom. Cousaz vient de son mari. Clivaz, c’est son origine valaisanne, son nom de jeune fille, celui qu’elle refuse de perdre. « Il me distingue aussi d’une Roseline Crausaz célèbre à Fribourg, dont j’ai souvent reçu le courrier », sourit-elle.

Née à Chermignon-d’en-Bas, entre Sierre et Crans-Montana, dans « le meilleur côté du Valais » comme elle le revendique en riant. Juriste à la Confédération dans le domaine de la migration, elle jongle avec un agenda qu’elle a besoin de consulter chaque matin pour se souvenir de ce qu’elle doit faire. Conteuse, narratrice biblique, comédienne. Mariée, deux enfants de vingt-trois et vingt-six ans. Un seul mot pour se décrire ? « Curieuse. »

Une foi héritée, éprouvée, retrouvée

La foi de Roselyne, c’est une évidence d’enfance. Prier le soir, aller à la messe le dimanche — cela ne se questionnait pas. À dix ans, après avoir rencontré une grande-tante religieuse « qui mangeait de l’ail », elle envisage sérieusement de devenir sœur. Puis la vie prend d’autres chemins.

Elle vit sa première expérience mystique à dix-sept ans. Un soir, triste sans raison, allongée dans son lit, elle sent tout d’un coup au-dessus d’elle « une présence très, très forte, qui m’a remplie ». Elle sait, sans se poser de question, que c’est Dieu. La tristesse est partie. Elle était juste pleine, juste bien.

Puis viendront les années d’études à l’université, à Fribourg. Là, elle « laisse tomber Dieu ». Non par crise, non par rejet — simplement parce qu’elle vit sa vie tranquille, « sans trop me poser de questions ».

Un jour, elle se dit : tiens, si j’allais à la messe ? Ce jour-là, on distribue des petits mots pigés au hasard. Elle en tire un. Dessus, cinq mots : « Je t’ai appelée par ton nom. » Cette phrase, elle en est encore bouleversée aujourd’hui. C’est comme cela qu’elle est revenue.

Une critique interne assumée

Roselyne n’est pas de celles qui édulcorent. Sa foi en Dieu, dit-elle, est intacte. Son problème, c’est l’Église-institution. « Elle n’est pas adaptée à Dieu. Elle est coincée dans des schémas construits depuis tellement de temps. Elle n’arrive pas à se dépêtrer de tout ce qui est humain, et elle ne se tourne pas assez vers Dieu, j’ai l’impression. »

Une critique posée sans violence, mais avec la clarté d’une juriste. Une lucidité qui ne l’éloigne pas de la messe — au contraire. Elle continue d’y aller, elle continue de parler de sa foi librement à ses collègues, elle continue d’être surprise par le nombre de croyants qui sortent du bois quand elle ose. « Il y a beaucoup plus de croyants que ce qu’on pense. »

Parler à Dieu, sans formule

Sa prière ? Elle est partout. Dans la voiture. Sous la douche. Sur le quai en attendant le train. Elle parle à Dieu plus qu’elle ne prie. C’est sa manière à elle. Et elle Lui a tout dit — « même les choses les plus inavouables. De toute façon, Il le sait. »

Ses lieux ? L’église de son enfance, toute simple, construite en 1970, aux airs de maison d’enfant. Et l’abbaye du douzième siècle en France, où vit son meilleur ami, chanoine dans une congrégation. Deux lieux, deux âges de l’Église, deux manières d’être bien.

Marie, qui a forcé le passage

La question rituelle de l’émission — la place de la Vierge Marie — obtient une réponse qui résume tout Roselyne. « Elle a forcé le passage. J’ai été énervée contre elle longtemps. Enfin, je n’étais pas énervée contre elle, j’étais énervée contre l’image que l’Église lui donne. Mais elle, elle est venue me chercher. Et maintenant elle a une grande, grande place. »

Qui est Marie pour elle ? « Une mère, une femme, une amie, une confidente. »

Au programme de cette rencontre

  • Une enfance à Chermignon-d’en-Bas, entre Sierre et Crans-Montana
  • Une famille valaisanne où prier et aller à la messe était une évidence
  • La présence de Dieu ressentie à dix-sept ans, un soir dans son lit
  • Le passage à l’université où elle « laisse tomber Dieu »
  • Le mot tiré au hasard : « Je t’ai appelée par ton nom »
  • Une critique franche de l’Église-institution, sans quitter l’Église
  • Marie qui « a forcé le passage »

Les trois musiques choisies par Roselyne

 

Pour retrouver Roselyne

Le 26 novembre au centre Sainte-Ursule à Fribourg, Roselyne et son groupe de narrateurs bibliques présenteront un spectacle intitulé L’eau et la poussière.

Et vous, quelle est votre histoire ? Cette émission est aussi la vôtre. Si vous souhaitez témoigner à votre tour, écrivez-nous à communication@radiomaria-sr.ch.


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