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Romuald Babey, représentant de l’évêque à Neuchâtel : « Avance au large, sois sans crainte »

21 septembre 2026

Diacre permanent depuis 2013, représentant de l’évêque de Lausanne-Genève-Fribourg pour le canton de Neuchâtel depuis 2021, Romuald Babey livre un témoignage rare : celui d’une foi éprouvée par l’intérieur.

Romuald Babey a cinquante-six ans. Il vit au Val-de-Travers, dans le canton de Neuchâtel. Il est marié depuis trente ans à Carole, avec qui il a quatre enfants aujourd’hui adultes. Sa foi, dit-il en souriant, il est « tombé dedans quand il était petit » — élevé dans une famille catholique jurassienne, un père et une mère de Grandfontaine, un attachement viscéral à sa région natale où toute la famille revenait chaque week-end de son enfance.

Après des études de langues, il enseigne quinze ans l’allemand, le français, le latin et le grec dans le Val-de-Travers, avant d’en diriger l’école. Puis, en 2019, il quitte l’école publique pour rejoindre l’Église catholique du canton de Neuchâtel. Depuis 2021, il représente Mgr Morerod, évêque de Lausanne-Genève-Fribourg, dans ce canton historiquement protestant où l’Église catholique est minoritaire et de droit privé.

Petite anecdote qu’il aime raconter : il est le tout premier diacre permanent ordonné par Mgr Morerod, en 2013.

Un point de bascule

Enfant tombé dans la marmite, adolescent baigné dans la foi, Romuald identifie un moment précis où sa foi cesse d’être héritée pour devenir vraiment sienne : le divorce de ses parents, à quinze ans. Un « drame » qu’il raconte avec pudeur, mais qui, dit-il, l’a fait rencontrer « des personnes qui l’ont aidé, qui ont été des balises » — au collège Saint-Charles de Porrentruy, dans un groupe de prière du Renouveau charismatique, auprès de prêtres et d’enseignants qui ont été là.

Une jeunesse qui n’a pas été lisse pour autant. Il a « failli devenir prêtre » vers seize-dix-sept ans, avant de comprendre qu’il voulait fonder une famille. Il a raté sa première année de médecine à Berne, dans une langue et une ville qui n’étaient pas les siennes — épreuve dont il a tiré une leçon qu’il adresserait aujourd’hui au jeune Romuald d’alors : « C’est pas grave, mon gars. Il fallait peut-être passer par là pour arriver où tu en es aujourd’hui. »

Un mandat, un bilan

Cinq ans en tant que représentant de l’évêque, cela veut dire : l’accompagnement des trente-cinq agents pastoraux du canton, le lien avec le Conseil d’État, la coordination avec l’Église réformée et l’Église catholique chrétienne, la supervision des aumôneries d’hôpital et de prison, la préparation d’une commission « Vision 2030 » pour repenser la gouvernance de l’Église cantonale. Pas de journée type. Une charge dense.

Ces cinq ans, Romuald les résume avec cette phrase saisissante qu’il ose dire : « De toute ma vie, c’est la première fois que j’ai rencontré aussi peu de charité dans mon milieu professionnel. » Une lucidité rare, qu’il n’oppose jamais à sa foi — au contraire. « C’est justement parce que j’ai la foi que ça me permet de continuer à travailler dans cette institution. »

Il repart pour cinq ans supplémentaires. Ce qui reste à faire ? Renforcer le lien entre l’administratif et le pastoral, entre les finances et les âmes. Travailler moins en silo, plus en confiance.

La foi au quotidien

Concrètement, la foi de Romuald a des lieux précis : son bureau à Fleurier, où trône une icône de la Tendresse — le Christ enlaçant saint Jean — et une icône de Christ Pantocrator ouverte sur Matthieu 11,28 : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau. » Une chapelle qui l’appelle : celle de la Providence à Neuchâtel. Une phrase qui l’accompagne : « Je suis doux et humble de cœur. » Une devise pour son diaconat : « Avance au large, sois sans crainte. »

Et ce qu’il transmet, quand il célèbre baptêmes, mariages et funérailles ? « Souvent, il n’y a pas grand-chose à dire. Ce que je suis, ce que je peux transmettre par mon accueil, ma joie, suffit. Les gens disent : il y a quelque chose de particulier avec Romuald. » La foi rendue palpable, humaine, « les pieds sur terre ». Le diacre comme « ministre du Seuil » — le pont entre l’Église et la société civile.

Marie, la porte d’entrée vers son Fils

À la question rituelle sur la Vierge Marie, Romuald répond avec cette même honnêteté qui traverse toute l’émission : il n’est pas « un fervent prieur du Rosaire », mais Marie a été très présente dans sa jeunesse — il est allé en pèlerinage à Medjugorje à dix-sept ou dix-huit ans. Aujourd’hui, elle reste, dit-il, « la porte d’entrée vers son Fils ».

Au programme de cette rencontre

  • Une enfance jurassienne entre Grandfontaine et Delémont, une famille catholique fervente
  • Le divorce des parents à 15 ans et le point de bascule de sa foi
  • De la médecine ratée à Berne à l’enseignement des langues
  • Le cheminement vers le diaconat permanent (2009-2013), en couple avec Carole
  • Cinq ans comme représentant de l’évêque à Neuchâtel : bilan et perspectives
  • « Peu de charité dans un milieu professionnel qu’il aime » — la lucidité comme fidélité
  • Marie, porte d’entrée vers son Fils

Les trois musiques choisies par Romuald

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