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Markus Cott : « On ne croit jamais seul. »

2 octobre 2026

Grison, théologien, ancien humanitaire du CICR en Afghanistan et en Iran. Depuis un an, il dirige Missio Suisse — et tisse chaque jour, depuis Fribourg, un lien invisible entre l’Église d’ici et plus de mille diocèses du monde.

Un parcours qui traverse les frontières

Markus Kott n’a pas le parcours classique d’un directeur d’œuvre pontificale. Grison d’origine, romanche de langue maternelle, il a étudié la théologie et la philosophie à Coire, puis à Rome, à l’Université grégorienne, avant de compléter sa formation à l’Institut catholique de Paris, en sciences des religions. Il a travaillé quelques années en paroisse, du côté de Zurich. Puis il est parti.

Pas comme missionnaire au sens classique — Markus tient d’ailleurs à le préciser : « Je ne m’appelle pas vraiment missionnaire dans le sens de celui qui part avec un message pour convertir les autres. » Il est parti avec le CICR, le Comité international de la Croix-Rouge. Plusieurs années en Afghanistan, en Iran, dans plusieurs pays d’Afrique. Un héritage chrétien, dit-il, même sous une forme sécularisée : partir vraiment à la rencontre de l’autre, dans des lieux souvent oubliés des médias.

Après le CICR, douze ans comme délégué à l’intégration des réfugiés pour un canton suisse. Puis, il y a un an, un nouveau tournant : la direction de Missio Suisse, la branche suisse des Œuvres pontificales missionnaires.

Missio, en un mot

Missio, c’est la branche suisse d’un réseau international rattaché au Dicastère pour l’évangélisation, à Rome. Sa mission : soutenir l’Église universelle dans plus de mille diocèses répartis à travers le monde, en Afrique, en Asie, en Amérique latine, en Océanie. Concrètement, un franc suisse donné à Missio peut aider à la construction d’une école, d’un dispensaire, d’une cure. Il peut financer la formation d’un séminariste en Afrique, ou soutenir un projet pastoral pour les enfants dans un village indonésien.

Le grand principe : ce ne sont pas seulement les Églises riches qui donnent. Toutes participent, chacune selon ses moyens. « Tout le monde donne ce qu’il peut. C’est ce qui fait la beauté de ces œuvres », explique Markus.

Un mouvement né à Lyon en 1830

Markus rappelle l’histoire — souvent oubliée — de ce mouvement. En 1830, à Lyon, une jeune femme nommée Pauline Jaricot fonde la Propagation de la Foi. Son idée : une prière par jour, un sou par semaine. Ce qu’on appellerait aujourd’hui du crowdfunding, deux siècles avant la lettre. Le mouvement gagne rapidement la Suisse — en 1830 déjà, l’association est présente au monastère d’Einsiedeln.

Au XXe siècle, la Suisse a été un pays profondément missionnaire. Le premier congrès missionnaire académique international s’est tenu à Fribourg en 1921. Dans les années 60, 1 700 missionnaires suisses étaient envoyés dans le monde entier. C’est cette mémoire-là que Markus veut réveiller.

Une vision post-Vatican II

Ce qui a changé depuis Vatican II ? « L’idée que ce n’est pas une personne qui fait la mission, mais que nous participons tous à la mission de Dieu, à la mission du Christ. » Une théologie qui déplace le regard : la mission n’est plus une opération d’exportation, elle est un partage. Un échange. Recevoir autant que donner.

Markus insiste sur ce qu’apportent aujourd’hui les Églises du Sud à celles du Nord : une spiritualité incarnée, une joie de croire, une capacité à faire la fête et à célébrer. Il revient de Bolivie, où Missio Suisse concentre sa campagne 2026, et il n’en revient pas de « la gentillesse, l’accueil, la joie » rencontrés là-bas.

Croire, en communauté

La conviction qui traverse tout son témoignage tient dans une formule : « On ne croit jamais seul. » Une foi individualiste, coupée de la communauté, s’épuise et finit par se dissoudre. « L’Église est une communauté de croyants, ce n’est pas des individus croyants qui font l’Église. » Et son appel aux catholiques suisses est précis : « Vivez plus de la spontanéité de la foi. Nous, en Suisse, on a une tendance à tout vouloir planifier. Il faut aussi faire confiance à Dieu, qui, lui, fait la mission. »

Marie, mère universelle

À la question rituelle sur la Vierge Marie, Markus répond simplement : « C’est la mère. Le prototype de la mère, de la bonté, de la miséricorde. » Il fait chaque année un pèlerinage à Ziteil, dans les Grisons — l’un des rares lieux d’apparition mariale reconnus en Suisse, perché à plus de 2 000 mètres d’altitude. Sa prière préférée ? Le Magnificat. « Une des plus belles prières qui existe. »

Au programme de cette rencontre

  • Une enfance grisonne, une famille ouverte sur le monde
  • Des études de théologie à Coire, Rome, Paris
  • Le CICR : Afghanistan, Iran, Afrique
  • Depuis 2025, la direction de Missio Suisse
  • Missio expliqué en un mot : soutenir plus de mille diocèses à travers le monde
  • L’histoire méconnue de Pauline Jaricot et du mouvement missionnaire suisse
  • Marie, mère universelle, et le pèlerinage annuel à Ziteil

Les trois musiques choisies par Markus

 

Deux rendez-vous à retenir

  • Le Dimanche de la Mission universelle : dimanche 18 octobre 2026
  • Concerts autour de l’œuvre du Père Martin Schmid : 16 octobre aux Cordeliers de Fribourg, 17 octobre à Sainte-Croix de Genève

Et vous, quelle est votre histoire ? Cette émission est aussi la vôtre. Si vous souhaitez témoigner à votre tour, écrivez-nous à communication@radiomaria-sr.ch.


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