« Sur le chemin du prochain » — Retour sur les JMJ romandes à Payerne
mai 20, 2026
Ils étaient près d’une centaine, venus de tous les cantons romands. Vaudois, Fribourgeois, Valaisans, Jurassiens, Neuchâtelois, Genevois et Bernois : le dimanche 10 mai 2026, les jeunes catholiques de Suisse romande ont convergé vers l’église paroissiale Saint-Barnabé de Payerne pour vivre les Journées mondiales de la jeunesse romandes. Une journée portée par cette parole de l’Évangile de Jean : « Vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi » (Jn 15, 27).
Pour les accompagner, Mgr Alain de Raemy, évêque chargé de la pastorale des jeunes pour la Suisse et administrateur apostolique du diocèse de Lugano. À ses côtés, les prêtres de la Broye, ceux qui accompagnent la pastorale jeunesse, et – détail symbolique – quatre anciens gardes suisses en uniforme, présents pour relier cette messe romande à Rome. L’animation musicale a été confiée à Ali et l’École Pierre, ce collectif lyonnais de pop louange qui forme des jeunes à mettre leur créativité au service de l’Église.
Radio Maria Suisse romande était présente. Et nous vous proposons, pendant 55 minutes, de revivre cette journée.
La messe : douceur, respect, conscience droite
Dès l’ouverture de la célébration, Mgr de Raemy donne le ton : « Nous sommes sur le chemin des prochaines JMJ à Séoul. Mais pour être sur ce chemin, il nous faut être sur le chemin du prochain. »
Quelques minutes plus tard, l’homélie. L’évêque commente les textes du jour – et notamment cette parole de saint Pierre invitant les chrétiens à « rendre raison de l’espérance qui est en eux ». Il résume avec une pointe d’humour : « Soyez prêts à votre défense. Ayez recours à un avocat. Pas très sympa quand même, comme résumé. » Mais la différence chrétienne est là, prévient-il : se défendre, oui, « mais devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance, et non pas contre quelqu’un ». Dans un monde où la course aux armements et la violence font partie du quotidien, les chrétiens sont appelés à présenter cette espérance « avec douceur et respect » – pas avec des drones et des missiles.
Et un troisième mot : conscience droite. Autrement dit, « tu ne dois pas faire en secret ce que tu dénonces en public ; ce dont tu parles, tu dois le vivre ».
« C’est embêtant quand même d’être du côté de Jésus », glisse l’évêque avec malice. « Mais la bataille contre nous-mêmes est déjà gagnée : le Christ est mort et ressuscité une fois pour toutes. Ce monde ne va pas ailleurs qu’à la victoire du Ressuscité. »
La catéchèse : trois mystères, une clé du bonheur
Après le pique-nique partagé sur le parvis, la flashmob et les stands qui ont permis aux jeunes de découvrir différents visages de l’Église de Suisse, place à la catéchèse de l’après-midi. Mgr de Raemy choisit trois mots, trois mystères qu’il appelle « la clé du bonheur » : Création, Passion, Résurrection.
Si Dieu a voulu la Création, alors le monde et chacun de nous existe pour une raison. « On serait les premiers écolos », sourit l’évêque. Et si Dieu nous a faits libres, à son image, c’est « au risque de le refuser ». Une parole forte traverse cette catéchèse : « Un automate ou l’intelligence artificielle n’aime pas et s’exécute. Il n’y a que nous qui sommes capables d’aimer. »
Puis la Passion. C’est aussi la fête des mères ce dimanche-là, et Mgr de Raemy s’en saisit pour proposer une image saisissante : « Imaginez Jésus qui sent, qui vit, qui fait l’expérience de tout le mal, de toutes les souffrances de tous les hommes, dans un corps humain comme le nôtre. Et le cri : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Et la force de l’amour de Dieu qui a la force d’une maman, de toutes les mamans du monde ensemble. »
Enfin la Résurrection : « Le Christ est ressuscité, la tombe est vide… Pour nous chrétiens, il ne peut pas y avoir de pessimisme. » Les jeunes ont ensuite échangé librement avec leur évêque sur le purgatoire, sur Marie, sur la prière pour les défunts, et sur l’accueil dans nos communautés des catéchumènes adultes, de plus en plus nombreux.
École Pierre : prier en chantant
L’émission donne aussi la parole à Jeanne, ancienne élève de l’École Pierre, qui accompagne Ali en tournée. Elle décrit l’école : « On apprend à devenir des leaders dans la foi, et chrétiens et actifs pour l’Église, dans l’art. » La devise ? « Mettre sa créativité au service de l’Église. »
Devenue chanteuse, Jeanne écrit ses propres chansons – la première s’appelle « Couleur Pamplemousse ». Et avant chaque scène, ce rituel : serrer les mains, se recentrer, accueillir. « Je crois que je prie jamais aussi bien que quand je suis en train de chanter », confie-t-elle. Son premier single sortira dans quelques semaines, sous le nom d’artiste Prune.
Cap sur Séoul 2027
La journée s’est conclue par l’annonce des prochaines JMJ mondiales : Séoul, du 3 au 8 août 2027, sur le thème « Prenez courage ! Moi, j’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33). Une parole de Jésus qui prolonge exactement le thème vécu à Payerne.
Cette journée n’aurait pas eu lieu sans l’engagement de Lazare Preldakaj, agent pastoral à l’Unité pastorale Saint-Barnabé, et des 36 jeunes du groupe œcuménique de préparation, à pied d’œuvre depuis septembre dernier.